AGENDA HYSTERIQUE D'UNE REVOLTE.
Comprendre les enjeux fondamentaux de la politique internationale est une vaste tâche ! Dans son émission sur France Culture, le mercredi 14 octobre, à 7h40, David SANGER, correspondant en chef du New York Times à la Maison Blanche, publiant un ouvrage L'Héritage (BELIN), nous éclaire par sa vision de la politique internationale actuelle et à venir. A l'écouter, donc, que faut-il en retenir ?
Quelle situation internationale G.W. BUSH a-t-il laissé derrière lui ?
L'obsession de G.W.BUSH à l'encontre de l'Irak a fait oublier les principaux problèmes de sécurité internationale. L'Afghanistan a été abandonné au moment de la guerre en Irak. Or, Al Quaïda n'est plus en Afghanistan, mais au Pakistan. Le Pakistan est un Etat qui détient l'arme nucléaire, il est donc important de veiller à la stabilité politique de cet Etat. Il semble donc souhaitable d'encourager l'armée Pakistanaise dans son combat contre Al Quaïda, d'où, peut-être, l'absence de grand enthousiasme d'Obama d'envoyer de gros contingents en Afghanistan, le problème s'étant déplacé. Il faut surtout faire comprendre au Pakistan que sa lutte contre Al-Quaïda doit être une priorité de politique intérieure.
L'Afghanistan ne pose plus vraiment de problème de sécurité internationale, et les problèmes sont internes. Pays divisé et peu organisé institutionnellement parlant, les Talibans sont une réalité d'une certaine portion du territoire. Obama semble penser que ce n'est pas en leur faisant la guerre qu'on les fera disparaître. C'est pourquoi il semble enclin à penser qu'il faudra peut-être négocier avec eux.
L'Iran a aussi bénéficié de l'erreur de l'Irak. Là encore, Obama penche plutôt vers une fermeté qui n'exclue pourtant pas une négociation pragmatique. Et cela se comprend à la lumière du concept OBAMA qui est celui de la « dénucléarisation du monde », et qui, à mon humble avis, représente en lui-même un symbole fort dans son engagement pour la paix. Il reconnaît la contradiction interne à interdire la nucléarisation à de nouveaux Etats et ne rien montrer de sa contribution à la diminution - et à terme - à la disparition des armes nucléaires. D'où sa volonté de traiter avec la Russie dans ce sens. Obama sait qu'on a dépassé le modèle du monopole des armes nucléaires comme celui des « Etats-Unis décideur du monde ». I
Il lui faudrait certainement envisager une politique environnementale avec la Chine.
La méthode analytique d' Obama risque de passer pour une absence de décision. Le Prix Nobel de la Paix n'est peut-être pas mérité mais symbolique. C'est comme si, au regard du monde entier, on lui confiait le devoir d'œuvrer en faveur de la paix. On raille souvent cette décision au nom des 2 guerres que mènent les Etats-Unis (Afghanistan / Irak). Mais n'est-ce pas justement à celui qui détient les rennes des guerres de se voir attribuer l'obligation de la paix ? De sa réussite en politique intérieure dépendra peut-être son autorité internationale. Car là aussi, il y va d'une révolution dans les mentalités américaines (plus d'Etat), notamment sur le service de santé. Il aura alors donné une preuve de « YES, WE CAN ». Le monde en aurait besoin.